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Plus on parle de violence, plus on contribue à sa montée… Alors la violence scolaire : doit – on en parler ? Mais ne pas en parler ne fait pas avancer le problème…
Alors comment faire ?

De nos jours, l’école n’est plus à l’abri des soubresauts sociaux et psychologiques. Cela est d’actualité depuis quelques semaines, autant au niveau des enseignants que des élèves…
Avant de lancer le débat, faisons un petit rappel avec des chiffres :

Moyenne d’âge des « délinquants » Garçons 16.5 ans
  Filles 16.7 ans
Sexe Garçons 78 %
  Filles 22 %
Lieu de vie En ville 54 %
  En banlieue 33 %
  A la campagne 13 %
Scolarisés  55 %
Déscolarisés  45 %

Tous les établissements ne sont pas considérés par la violence. Les plus visés sont avant tout ceux où les élèves se sentent relégués dans des filières qu’ils n’ont pas choisies. Ils sont très inégalement touchés : 40 % d’entre eux n’ont signalé aucun problème pendant l’année scolaire, tandis que 10 % d’établissements concentrent presque 40 % de tous les actes de violence commis dans l’année.
Ce n’est qu’en 2001 que le ministère de l’Education Nationale a mis en place le logiciel Signa qui permet de synthétiser l’ensemble des actes de violence signalés par les chefs d’établissement. Les chiffres sont consultables chaque année.

Comparaison entre une enquête de victimation et les données de l’Education Nationale – données de 2003
  Pourcentage d’élèves se déclarant victimes Proportion victimes Signa
Racket 6.30 % 0.03 %
Insultes 73.20 % 0.23 %
Racisme 16.70 % 0.01 %
Coups 24.20 % 0.30 %
Vol 46.30 % 0.10 %

71 % des faits de violence sont commis dans des collèges, les collégiens étant beaucoup plus bruyants que les lycéens : la classe la plus terrible est la 4ième. En règle générale, la délinquance est liée à l’adolescence. C’est une période fragile avec de nombreux bouleversements. Le jeune cherche à se construire une identité et certaines fois, cela se passe par la violence car il n’a pas trouvé d’autres moyens pour s’exprimer.

On peut remarquer que la délinquance est surtout masculine. Les filles ont plus tendance à retourner la violence vers elles – mêmes (tentatives de suicide, anorexie, fugues…) au lieu de tout extérioriser comme les garçons. Par contre, les filles restent les victimes à 83 % des violences sexuelles.

On remarque trois types d’incidents qui surviennent plus couramment :

  • Violences physiques sans arme : de 25 % à 30 % des faits selon les périodes de l’année
  • Insultes ou menaces graves : de 22 % à 24 % des faits
  • Vol ou tentative de vol : de 10 % à 12 % des faits
Les autres incidents ne représentent que moins de 5 % de l’ensemble. les enseignants sont également victimes de ces actes dans 17 % des cas, il s’agit souvent d’insultes ou de menaces. Ce sont les professeurs de lycée qui sont le moins exposés (11% des cas).

Quand on demande aux élèves de décrire les formes de violence auxquelles ils sont confrontés, ils répondent :

  • « bagarres » : 73.3 %
  • « injures » : 16 %
  • « racket » : 1.8 %
Mais dans ces chiffres, on oublie le « bullying ». Le « bullying » est un concept venu d’Europe du Nord qui désigne une forme de harcèlement physique ou psychologique, une succession de microviolences, de petits riens qui peuvent « pourrir » le quotidien de nos jeunes (coups de pied furtifs, des rumeurs, des moqueries, des bousculades…). Les actes d’intimidation sont en augmentation.
Il existe également un autre type de violence, également en augmentation, le harcèlement moral, mais difficile à détecter.
Il faut peut être également arrêter de parler des adolescents comme des coupables alors qu’ils sont souvent victimes.

Et à l’école primaire ?
Un élève de primaire sur 10 000 aurait été touché par un acte de violence grave, en septembre et octobre 2001. Cela représente une école sur 125, soit 35 fois moins qu’au collège.

Si vous avez des témoignages, n'hésitez pas à nous les envoyer, cela pourrait aider d'autres parents dans cette situation : c_votre_avis@2amath.fr
Olivier Ducteil.


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